Prose Poétique : Spleen

Spleen

En ce moment ma vie n’est plus qu’un vaste chaos, et je crains de ne plus vouloir espérer bien vite trouver la bonne attitude, qui me fera de nouveau apprécier les tendres couleurs pastelles matutinales inondées d’une lumière crue si particulière, le chant des oiseaux, hymne musical à la vie, le temps qui s’écoule, avec une immédiateté de l’instant, pour éviter qu’il ne s’abîme dans la mémoire du passé, celle de l’humanité, avant qu’il ne vécût, la douceur et parfois la violence du vent ce souffle messianique ancestral, la vision idyllique de ces formes nuageuses, qui me font apercevoir de drôles de personnages aux visages qui se métamorphosent, et qui avant de disparaître, dans l’inconscient collectif, pleurent de nous voir si tristes et si perdus, mon chien, fidèle compagnon de vie qui me suit dans mes escapades spirituelles et qui à défaut de me bien comprendre, me donne sans concession un incommensurable amour, mes enfants, qui loin de toujours imaginer la justice du monde, s’interrogent souvent, et ne comprennent plus la triste misère qui ébranle leur amour au sein d’une famille désarticulée, ma femme que j’aime tant, et qui ne le voit pas, Dieu, de qui j’ai tourné les regards et qui me manque incontestablement, la joie de vivre qui était pourtant mienne je me rappelle dans cette enfance si loin maintenant, cette nature si belle et si changeante, émerveillement quotidien et luxe de vie pour ceux qui la regardent et qui l’entendent, la rosée cristalline qui perle sur cette nature frêle au petit matin, lavant feuilles et fleurs du profond sommeil dans lequel la nuit les avait plongées, la parant de mille joyaux qui s’envolent dans l’air du temps dès les premiers rayons du soleil, comme pour exhaler de toutes leurs fragrances éternelles, enfin tous ces petits riens qui font de l’existence une si grande dame de laquelle l’on s’est épris pour l’éternité, qui vous fait battre le cœur si fort au fond de la poitrine, que plus rien ne paraît avoir d’importance que cet amour qui reste après l’amour, celui qui vous gagne et vous envahit chaque jour un peu plus et qui vous porte en voyage sur des ailes d’anges vers ce pays où l’on n’arrive jamais.

Les mots glissent sur cette page, avec la limpidité et la pureté de l’eau, celle qui vous lave de toutes les souillures, et qui vous rend un instant plus vrai et plus juste, mais c’est de l’encre qui marque cette feuille pour se rappeler nos iniquités, et marquer l’histoire d’une vie, d’un souvenir impérissable.

Paul Stendhal

Publié dans : Prose Poétique |le 6 juillet, 2011 |Pas de Commentaires »

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