Archive pour la catégorie 'Petits contes et fables en vers'

Petite fable en vers : Le crapaud et le corbeau

Le crapaud et le corbeau 

Monsieur crapaud se mit à coasser,
Un air en avance sur la saison.
Puis maître corbeau s’en vint à passer,
Sifflant gaiement la belle floraison. 

Soudain, l’oiseau posé sur une branche,
Surpris, s’étonna d’ouïr un son grivois.
Et puis il vit en habit du dimanche,
Un jeune et drôle batracien en voix. 

C’est alors que l’oiseau, ainsi tant couronné,
Se sentant si flatté, s’en donna à coeur joie,
Que de plus en plus fort, il se mit à siffler,
Se prenant tout d’un coup, pour un grand noble bourgeois.

Et c’est dans la mare que le beau crapaud,
Louant le corbeau posé sur la branche,
Souffla de son mieux dans son bel appeau,
Donnant à son hôte, les coudées franches. 

Ah, mon ami, lui dit celui-ci fièrement,
Comme il paraît doux de se baigner dans votre eau !
Mais, même si votre chant est jodlé dignement,
Mes bien belles plumes, préfèrent vous voir d’en haut ! 

Monsieur crapaud étant quelque peu sourd,
Il n’en saisit que la moitié des mots.
Il crut comprendre que ses beaux atours
Rendaient bien envieux ce maître corbeau. 

Mais quand il s’envola, une plume tomba
Sur la vague de l’eau, et se mit à flotter.
Entendant maintenant, son si dur célibat,
Le batracien, de l’Amour, se mit à douter ! 

 

Paul Stendhal

05/03/2012

 

 

 

Publié dans:Petits contes et fables en vers |on 6 mars, 2012 |3 Commentaires »

Petit conte en vers : L’enfant et le soldat

L’enfant et le soldat

Un soldat recouvert d’un papier de soie bleue,
Sommeillait sous une douce couette de fortune.
Dans la boite ainsi posé, il semblait heureux,
Et se mit à rêver qu’il était sur la Lune.

Il sortit de son lit de carton pour la voir,
Et d’un bon, il se trouva debout sur du sable,
Qui projetait des reflets bleutés plein d’espoir,
Le réconfortant d’une peine inconsolable.

Triste et troublé de ne plus voir sa belle amie,
Il ne put se retenir de verser des larmes,
Tombant de ses joues en fines gouttes de pluie.
Elles n’ôtaient rien au chevalier de son vrai charme.

D’un revers de main, il s’essuya le visage,
Et regarda devant lui le beau paysage.
Un océan de couleurs brillait à ses yeux,
Révélant la beauté d’un magnifique lieu.

Cette Lune lui rendait son rêve si merveilleux,
Qu’il se senti alors d’un coup bien valeureux.
S’avançant sur des chemins parsemés de fleurs,
Il aperçut au loin une belle lueur.

Elle venait d’une maison au petit toit de chaume,
D’où une cheminée répandait sa fumée.
En frappant à la porte il entendit des psaumes,
Et reconnut la voix claire de sa bien-aimée.

En robe de mousseline bleue, elle apparut,
Ses deux grands yeux verts brillants, embrumés de pleurs.
Mais reconnaissant son preux chevalier sur l’heure,
Son visage s’éclaira d’être enfin secourue.

Le valeureux soldat, dans ses bras l’étreignit,
Si content d’être à nouveau en sa compagnie.
En dormant, la belle enfant laissa choir sa main,
Libérant le paladin pour un long chemin.

Se cognant dans sa chute, il se mit à rêver,
Près de la veilleuse où il avait atterri,
Voyageant seul dans ses songes pour la retrouver,
Prenant ce fanal pour l’astre d’une Icarie.

Au crépuscule venu, quand la Lune est brillante,
Dans le firmament passe une étoile filante.
A bien y regarder, on peut y voir, heureux,
Une belle enfant et un fier soldat, entre eux.

Paul Stendhal

Publié dans:Petits contes et fables en vers, Poèmes |on 19 juillet, 2011 |9 Commentaires »

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