Poème : Chère Ela

Chère Ela
 

Ô combien ! Madame, vous me voyez surpris,
Mais d’aucune façon, je ne m’en suis marri !
Il est un grand amour, que celui des lettres,
Qu’aucune exégèse, ne laisse apparaître.
 
Il n’y a pas de loi, en l’art poétique,
Qui ne sied à l’auteur, que sa seule émotion,
En voguant son âme, des plaisirs attiques,
À l’orbe des confins, de sa grande passion !

 
Bien mal, il en prendrait, à tout dandy pédant,
De n’être qu’un faraud, au savoir impudent,
Brandissant son émoi, en souris de salon !
 
L’humble aède, orné des lauriers du Pinde,
Sait uniment, et sans manier la guinde,
Vous servir, sans lame, ni aucun gonfalon.

 
Paul Stendhal
07/09/2014

Publié dans : Poèmes | le 14 septembre, 2014 |Pas de Commentaires »

Poème : Harmonies inachevées (I)

HARMONIES INACHEVÉES (I)

 

Ô mon âme ! Que de peine ! … Dans ta chair, dans ton corps,
La douleur est pesante ! Un funeste destin
Telle une ombre alanguie, frappe encor, et encor,
Comme un feu dévorant, et qui point ne s’éteint !
N’auras-tu donc de cesse, d’ainsi me tourmenter,
Dans ce bien sombre exil, où mon cœur en souffrance,
Loin des orbes luisants, erre dans la tour hantée,
Aux confins éthérés de la désespérance ?
Le soleil noir de la destinée est tombé,
Dans un dernier soupir, l’arc-en-ciel a flambé,
Aux bords de l’Achéron, dans les gouffres amers,
Où tu tires mon âme, toi l’horrible chimère !

Regrets du temps passé, des désirs interdits,
Ceux d’une âme troublée par les feux du silence,
Rêvant son Icarie, miroir du paradis,
En volutes de mots écrits tout en nuance,
Narguant les perfidies d’une vie d’illusion,
Portant haut dans son coeur l’oriflamme d’évasion,
L’élégie d’un grand vide, celui de tant d’absence,
Qui marqua pour toujours, celui de son enfance,
Fleurs de la nostalgie, lumière et pureté,
Rendez à cette âme meurtrie, sa liberté !

Dans l’orage du désespoir
Luit un soleil bleu ;
Il peint sur une toile noire
Le silence qui pleut.

Un instant de bonheur, un moment de printemps,
L’éphémère uranie, dans les couleurs du vent,
Porte le souvenir d’une douce musique,
Qui berce encor mon coeur, de son air idyllique !

Paul Stendhal

Publié dans : Poèmes | le 11 juin, 2013 |Pas de Commentaires »

Mercredi 22 mai 2013

Mercredi 22 mai 2013

Depuis quelques jours, il ne dormait plus. Assis devant son bureau, ce mercredi à quatre heures du matin, il lisait et relisait la dernière lettre qu’elle lui avait envoyée. La nuit était froide, et sa vieille veste polaire élimée ne le réchauffait pas. Il se servit un thé. Il aurait voulu qu’elle soit là pour le partager avec elle, rire avec elle, lui dire des mots simples et doux comme cette musique de Mozart qu’il écoutait. Il alluma une cigarette, et s’imagina que s’il avait dû répondre à son dernier mail, il lui aurait dit qu’à force de se persuader d’une chose on finissait par s’en convaincre, et que parfois les fausses certitudes pouvaient conduire un homme innocent à se retrouver accusé à tort, condamné sans recours à avoir « la tête tranchée », et exécuté sans délai ! Sa faute, l’avoir simplement aimée d’un cœur sincère et « pur ».  Il lui aurait dit que sa conviction était devenue pour elle le seul moyen de préserver la confiance des siens, en épargnant le calme et la tranquillité de sa famille, et en sacrifiant la vérité de ses sentiments sur l’autel de l’amour. Il ne lui parlerait pas de sa douleur, ni de l’humiliation de certains de ses propos, ni de la peine qu’il avait ressentie, car il savait qu’il y avait des cas où une femme devait savoir être suffisamment forte quand elle pensait qu’il n’y avait pas d’autre solution. Il lui dirait sûrement qu’elle avait été un peu vite pour ainsi le lâcher en pâture à la vindicte publique et décider de lui adresser ses adieux en lui demandant de ne plus jamais la contacter. Il penserait peut-être que son amour n’avait tenu qu’à un fil et n’était pas aussi véritable qu’elle l’avait prétendu, et qu’il l’avait cru, mais il s’y refusait et se morigénait, car il espérait au fond de lui qu’elle avait été sincère.

Le concerto pour violon avait fini, Thaïs la petite chatte dormait paisiblement sur le lit, dehors le crépuscule du jour prolongeait le silence qui régnait, et seul assis devant son bureau, une cigarette allumée, il était simplement heureux d’avoir passé une heure en sa compagnie, en imaginant la douceur de son souris et la lumière de son regard. Secrètement il se mit à espérer en son cœur qu’elle pensait à lui aussi, et que bien vite elle le lui dirait, en lui racontant l’histoire de ces deux jeunes enfants – allongés côte à côte dans l’herbe du pré parmi les bleuets les jonquilles et les coquelicots au bas de la montagne, les pieds dans l’eau de la rivière où les truites fraient en paix, – regardant voler libres et heureux les oiseaux dans un ciel bleu et ensoleillé, et qui en se donnant la main vivaient un simple bonheur ! Oui, il espérait que bientôt elle aurait envie de le joindre pour partager avec lui ce beau conte, dans la vérité de ses sentiments et la liberté de son cœur. Ce soir, il essaierait de trouver le sommeil, et s’il y parvenait, il savait qu’il rêverait. Dans cet espoir, il voulait « Croire » que quelque part, où qu’elle se trouvait, elle pensait à lui avec autant de sincérité.

Paul Stendhal

Publié dans : Prose Libre | le 2 juin, 2013 |Pas de Commentaires »

Poème : Pascal et Thaïs

(Violon – Anne-Sophie Mutter – Méditation de Thaïs – Jules Massenet –)

Pascal et Thaïs

 

Le jour se couche et la nuit commence à revêtir de son manteau sombre la nature encore éveillée, tout comme une paupière se referme sur l’œil. Je ne vois plus rien, mais je me souviens ! Je me souviens de ce garçon, qui encore petit, rêvait de devenir grand, car pour lui, il y voyait là une porte vers la liberté et l’indépendance. Je me souviens de cette vie passée qui fut celle où ce petit garçon devenu grand, compris tout-à-coup, qu’il était papa, et qu’il avait déjà quatre enfants. Je me souviens de ces Noëls merveilleux, où l’impatience, la naïveté, et la joie de mes enfants, emplissaient la maison familiale d’un vrai bonheur certain. Alors comme elle fut longue cette route, qui vous fait croire que la vie est belle et qu’un jour le soleil illumine de tous ses feux votre chemin. Mais je me souviens maintenant, que le jour est tombé, et qu’une paupière s’est refermée, après qu’une larme ait commencé de couler, partant pour on ne sait où, cheminant cahin-caha, en regardant devant elle. Je me souviens que petit déjà je croyais que la vie serait belle. Maintenant que je suis grand je sais que la conquête du temps, si belle soit-elle, ne fait goûter qu’une infime part de bonheur, un bonheur perdu qui se meurt avant de vivre, car la vie est ainsi, comme une faux, sapant la pureté des idées, la sincérité d’un cœur, la vérité d’une âme, sans souci de la peine et de la tristesse, qu’elle laisse sur son passage. Du plus loin que je me souvienne, la vie me paraissait belle, et ce qui est merveilleux c’est que, le petit que j’étais, a grandi en le croyant. Aujourd’hui, mon regard est certes bien autre pour ne pas dire différent. Maintenant, l’homme que je suis aime à se rappeler de ce petit garçon qui croquait la vie à pleine «  envie de vivre  ». Le bonheur est peut-être là, et j’ai beau me souvenir du plus loin que je puisse, mais je ne parviens plus à m’en souvenir. Une larme est tombée, et en tombant elle est morte dans sa chute. Une paupière s’est fermée, et a laissé s’envoler la beauté d’une vie. Un petit enfant est mort, depuis longtemps déjà, et dans mon âme, je ressens sa candeur. Je sais qu’il semble enfin heureux, et l’homme que je suis devenu, souvent se tourne vers lui, et comme des adieux sur le quai d’une gare, ils se regardent, et s’échangent un sourire, comme pour se dire, « je t’aime ». Le petit enfant est mort, et l’homme qui le regardait pleure de tout son corps. Une page s’est tournée, le passé a disparu, et l’homme a fait ses bagages pour repartir sur cette route déjà trop longue d’une vie à laquelle il voulait croire. Seul dans ce vertige des sens, du plus loin que je me souvienne, quand je repense à cet enfant disparu, je sais que ma plus belle histoire d’amour, c’était lui, et au-delà, la vie tout simplement. Une larme s’est envolée vers ce pays que l’on ne connaît pas, et dans le firmament étincelant d’étoiles, il en est une qui brille plus que les autres. Je crois bien qu’elle ressemble à l’âme ressuscitée d’un petit enfant mort, qui maintenant veille au loin et brille du bonheur d’exister quand la nuit s’est couchée. Lorsque je crois l’apercevoir, une douce clarté diaphane éclaire mon visage, me rappelant de si lointains souvenirs.

 

Paul Stendhal

Publié dans : Prose Poétique | le 25 avril, 2013 |1 Commentaire »

Poème : Parole

Parole

Aucun des sentiments,
De tous ceux que l’on ment,
Ne peut jamais tenir,
Et loin de réunir,
Ils sont nés pour mourir !

Paul Stendhal

Publié dans : Poèmes | le 25 avril, 2013 |1 Commentaire »

Le petit hameau de Besse dans le Puy de Dôme

Photographies : © Laurence.Serre Marinier
Diaporama : © Paul Stendhal 
Musique : © Liona Boyd – T. Albinoni- Adagio For Guitar And Strings

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Attente*

J’ai choisi ce coin de misère,
Où le printemps naît, souviens-t-en,
Où les pensées voguent en l’air,
Odeur du temps, coin de misère,
Et souviens-toi que je t’attends,
Jusqu’à la fin des nuits du temps.

Paul Stendhal

*En hommage à Guillaume Apollinaire pour son poème « L’Adieu » tiré de son recueil « Alcools ».

Publié dans : Diaporama, Poèmes | le 14 avril, 2013 |4 Commentaires »

Poème : Une petite maison

Poème : Une petite maison dans Poèmes une-petite-maison2Photographie : Laurence.Serre Marinier

 

Une petite maison

C’est une petite maison tout ordinaire,
Elle n’est pas un château, mais celle de ma vie !
Elle est bien plus belle, dans mon imaginaire,
Et j’en suis le Prince, du haut de son parvis.

Quand je l’ai rencontrée, tout au bout du chemin,
Sa beauté m’a souri, je n’étais qu’un gamin.
J’ai sué, sang et eau, pour pouvoir l’habiter,
Et ce jour est venu, un beau matin d’été !

J’étais devenu grand, et ça faisait longtemps,
Que j’espérais enfin, ce merveilleux instant,
Où j’y déposerais, là, ma seule valise,
Au seuil de la porte, juste sous la marquise.

Dans mon petit chez-moi, j’y vis passionnément,
Loin des bruits de la ville, à l’abri des tourments !
Chaque jour qui passe dans ce coin de verdure,
Dans ce havre de paix, est sous de bons augures.

Aux marches du perron, du printemps à l’automne,
La campagne fleurit, le bonheur y rayonne,
Et durant tout l’été, au salon du jardin,
L’air exhale l’odeur, des fleurs de lavandin.

À la saison d’hiver, quand dans sa robe blanche,
Elle est immaculée, la Nature s’endimanche.
Alors auprès de l’âtre, quand la douce chaleur,
Se répand dans les pièces, j’en aime vraiment l’heur !

Si je pense à ce temps, de ma prime jeunesse,
Où  mon cœur fut séduit, avec tant d’allégresse,
Par cette joliette, au coin d’un paradis,
C’est qu’en mon sein, mon âme encore s’en esbaudit !

C’est une petite maison tout ordinaire,
Elle n’est pas un château, mais celle de ma vie !
D’une belle idylle, notre histoire est bien née,
Sur un petit chemin, où nos âmes ont flâné.

Paul Stendhal

Publié dans : Poèmes | le 13 avril, 2013 |2 Commentaires »

Poème : Une vieille porte

Poème : Une vieille porte dans Poèmes tansac-la-combelle-63-vieille-porte-bis2
Photographie : Laurence.Serre Marinier





Une vieille porte

Dans la vaste campagne, il est une maison
Qui depuis bien longtemps, ne voit plus les saisons.
Ses volets sont fermés, et le souffle du vent
A balayé toute âme, qui vivait là, avant.

Seul au coin de la porte, l'ancien lierre a grandi,
S'accrochant avec force, à la pierre qu'il fendit.
Le long du vieux mur gris, il grimpait vaillamment,
Égayant cet endroit, le rendant accueillant.

Un jour, baguenaudant sur un petit chemin,
Un passant s'attarda, à regarder ce lieu,
Qui séduisit son coeur, et plut tant à ses yeux,
Qu'il choisit d'y vivre, tôt, dès le lendemain.

Depuis ce temps béni, les volets sont rouverts,
La vieille porte en bois, n'a plus aucune chaîne,
Le lierre s'est étoffé, le gazon est bien vert,
Et la vie a repris, au jardin près du chêne.

Paul Stendhal
Publié dans : Poèmes | le 7 avril, 2013 |1 Commentaire »

Poème : Lumière

Lumière

 

Dans l’orage du désespoir

Luit un soleil bleu ;

Il peint sur une toile noire

Le silence qui pleut.

 

Paul Stendhal

 

Publié dans : Poèmes | le 29 mars, 2013 |Pas de Commentaires »

Citation

Citation

« L’ignorance est un mal qui se soigne, le savoir est un bien qui se cultive ! »

(Paul Stendhal)

Publié dans : Citations | le 14 mars, 2013 |Pas de Commentaires »
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